La cité grecque antique d'Olbia à Hyères
Site culturel et historique
45 min
musée
Description
Les Îles d'Hyères, que les auteurs antiques comme Strabon ou Pline l'Ancien appellent Stoechades, les Alignées, sont les témoins depuis l'antiquité d'une intense activité humaine. Elles constituent en effet un site géographique stratégique. C'est la pointe méridionale de la Provence et la frontière naturelle entre la Mer Ligure et le Golfe du Lion. Les îles formaient avec la Presqu'île de Giens un espace semi-fermé et un lieu d'étape pour les navires effectuant la liaison entre la péninsule italique et la Gaule des Celtes, voire la Péninsule Ibérique.
Fondée vers 325 avant notre ère par les Grecs venant de Massalia (Marseille), Olbia, la Bienheureuse, fait partie d'un réseau de colonies-forteresses qui jalonnent la côte entre l'Italie et l'Espagne pour assurer la protection et offrir des relais aux navires de commerce de des cités grecques antiques.
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Pavillon d'accueil du site archéologique d'Olbia
Le site est ouvert pour la visite libre d'avril à octobre. Le prix d'entré est de EUR4,- par personne en 2026. Il y a une pause à midi entre 12h30 et 14h30. En dehors des heures d'ouverture, on ne voit pas grand chose du site, uniquement les parties côtières sont alors visibles.
Le bus 39 du Réseau Mistral a un arrêt nommé l'Almanarre près de l'accès au site d'Olbia.
Cette ligne circule entre la gare routière de Toulon via Carqueiranne au centre de la ville d'Hyères (Joffre, Jean Jaurèsm au nord du casino).
Hyères est une grande ville à l'est de Toulon. Du centre planté de palmiers suivre le fléchage vers Giens et les Îles. On longera la zone industrielle, l'aéroport et en arrivant aux étangs, on suit le fléchage à droite vers Carqueiranne au rond-point. 100 mètres après le deuxième rond-point se trouve l'accès aux fouilles archéologiques à droite.
Il y a un grand parking limité en hauteur au rond-point et quelques places sur une route parallèle à la hauteur du site.
Histoire du lieu
Massalia avait elle-même été fondée trois siècles plus tôt par les Grecs de Phocée, comme point d'appui intermédiaire de leurs navigations vers l'Espagne, en passant par l'Etrurie (la Toscane actuelle), à la recherche de métaux comme l'argent, le cuivre ou l'étain du royaume de Tartessos en Andalousie. Très vite, les Massaliètes sont devenus les premiers acteurs du commerce en Méditerranée occidentale.
Alliés de longs siècles durant avec les Romains avec qui ils ont combattu les Carthaginois et les pirates ligures, ils sont victimes de la guerre civile romaine qui oppose Pompée et César entre 52 et 48 avant notre ère. Ayant choisi le camp de Pompée, Massilia est assiégée et prise par l'armée de César. Elle perd la plus grande partie de son territoire, direct et lointain, notamment Olbia, évacuée et reconstruite comme bourgade rattachée à la cité romaine d'Arles.
Complètement réaménagée, tout en conservant son plan primitif carré, Olbia devient alors une petite station de loisir et de service avec de vastes thermes, des commerces en détail et des espaces ouverts. Un quai en pierre est aménagé pour l'accueil de navires de faible tonnage.
Très tôt touché par le christianisme, le site est abandonné au début du 7e siècle qui est suivi d'une longue période incertaine. Un prieuré bénédictin existe entre le 11e et le 12e siècle sur la vestiges de la ville antique. L'établissement est réaménagé en 1221 avec la fondation de l'abbaye de Saint-Pierre, occupée jusqu'au tournant entre le 14e et le 15e siècle.
Aquarelle d'Olbia grecque
L'unique porte de la forteresse grecque d'Olbia se trouve côté est, au milieu du rempart qui enserre la ville dans un carré de 162 mètres de côté.
Le système défensif de l'entrée a connu deux aménagements successifs:
Le plus ancien est une entrée en chicane ou à recouvrement avec un couloir fortifié, parallèle au rempart, qui précède la porte, protégée par une tour.
Le suivant est une entrée frontale entre deux tours.
Aquarelle de la chicane d'accès est de l'Olbia grecque
Le rempart comprend:
Un soubassement, épais de 340 centimètres sur une hauteur de quatre à cinq mètres, de blocs bruts à l'est et au nord ou taillées à l'ouest qui proviennent des bancs de grès des collines situés au nord de la ville comme toutes les pierres utilisés dans l'habitat.
Une élévation en briques crues sur trois à quatre mètres de haut avec, au sommet, un chemin de ronde protégé par un parapet. Il est flanqué d'une tour au nord, en son milieu, et de deux tours à l'ouest ainsi que de de tours aux angles.
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Mur de fortification grec est du site d'Olbia
L'habitat s'organise selon un plan géométrique défini en fonction de deux grandes voies est-ouest de 520 centimètres de large et nord-sud avec 420 centimètres de largeur. Ils se coupent à angle droit au centre de la ville où le carrefour est agrandi par une place autour du puits collectif creusé à cet emplacement de choix.
Ces axes délimitent quatre quartiers identiques divisés en 10 îlots théoriques de 34.5 mètres sur 11 mètres. Partagés à leur tour en trois logements identiques, ces vastes immeubles rectangulaires sont séparés entre eux par une ruelle de 220 centimètres de large.
On remarque, la trame urbaine régulière d'Olbia, de type orthonormé, avec des vastes bâtiments rectangulaires séparés par d'étroites ruelles.
Plan schématique d'Olbia
Le puits
Au cœur de la ville, au croisement des deux voies principales, se trouve le puits public bordé d'une petite place dallée, encastré à l'extrémité sud d'un îlot d'habitation. C'est un lieu de vie et de convivialité ou chaque jour les femmes et les enfants viennent pour puiser l'eau nécessaires aux familles.
Avec une ouverture de plus de deux mètres et une profondeur de huit mètres, l'ouvrage est imposant. Son cuvelage circulaire, intact, est construit à l'aide de larges blocs de grès. Sur les deux derniers mètres, le puits est directement creusé dans le banc de grès dans laquelle se trouve la nappe phréatique. Autour de la margelle carrée, les traces d'un système de puisage en bois sont visibles ainsi qu'une rigole creusée dans le dallage.
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La place du puits public du site d'Olbia
Ce puits a sans doute été le point unique d'approvisionnement en eau de la ville, peut-être complété par des réserves individuelles dans les maisons.
Régulièrement utilisé et entretenu depuis le 4e siècle avant notre ère, le puits est comblé dans le courant du 3e siècle pour une raison que nous ignorons.
Aquarelle de la place du puits public du site d'Olbia
La boutique
À la période romaine, l'îlot d'habitation est remplacé par des boutiques, marquées par leur long seuil de pierre et la présence d'un comptoir de gargote. Elles sont bordées par un portique le long de la grande rue est-ouest, évoqué ici par trois gros poteaux de bois.
La boutique et le puits sont les éléments les mieux conservés du site.
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Comptoir peint d'une boutique romaine du site d'Olbia
On a essayé de reconstruire la boutique avec les éléments ayant pu être relevés sur place. Le modèle est visible sur la photo.
Restitution de la boutique romaine avec comptoir peint du site d'Olbia
Le plan donne une impression de la situation à l'époque romaine.
Plan de la boutique romaine du site d'Olbia
Le cadre géographique
Située à l'entrée d'un long couloir naturel que dessinent les Îles d'Hyères, Olbia est une étape pour le petit cabotage et un refuge pour la navigation contre la piraterie ou les aléas météorologiques.
L'existence du double tombolo, c'est à dire es deux cordons de sable qui relient Giens à la terre ferme, a certainement favorisé le choix de cet emplacement pour fonder la colonie grecque. Il enserre alors une lagune ouverte qui offre une possibilité de port abrité et de riches ressources en poissons et coquillages. Aujourd'hui c'est l'Étang fermé des Pesquiers.
Installé sur un plateau rocheux légèrement incliné vers la mer et en bordure d'une plaine pouvant accueillir des cultures, la ville est encadrée de barrières naturelles: plusieurs collines à l'ouest qui forment le rempart de la ville d'Hyères d'aujourd'hui et une zone marécageuse toujours existante à l'est. Au-delà, au nord, s'ouvre la vallée du Gapeau vers Belgentier qui constitue, entre Marseille et Fréjus, une voie de pénétration depuis la côte vers l'arrière-pays. Largement exploités au Moyen-Âge et à l'époque moderne, les salins offraient peut-être déjà leurs ressources aux Olbiens.
Bien que le lieu du site soit à peu près logique, il n'est pas du tout unique et on peut s'interroger de l'emplacement. Des sondages sous-marins effectues en 2019 devant la côte ont relevé des structures portuaires submergés encore plus importantes. Il s'agit cependant de structures crées et non pas d'un port naturel. Le site est abrité moyennement des vents d'ouest. La présence de sources et de cultures est peut-être prédominante dans le choix du site.
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Murs de l'îlot de l'habitation grecque d'Olbia
Bâtiment d'habitation
Dans l'îlot numéro 6 se trouve le seul bâtiment d'habitation du site entièrement fouillé. Les recherches sont menés en 1982-1990 et 2002-2008. Elles ont permis de comprendre son évolution depuis sa construction vers 325 avant notre ère jusqu'à sa destruction accidentelle vers 50 avant notre ère. La zone est restée ensuite comme espace ouvert entre deux îlots habités.
L'édifice est occupé dans son périmètre d'origine pendant plus de 400 cent ans dont environ trois siècles par les colons grecs et leurs descendants. Tout en conservant toujours la même emprise, il est réaménagé de nombreuses fois. Les occupants réadaptent sans cesse les lieux en fonction des des héritages et de leurs activités quotidiennes, artisanales ou commerciales. Ces modifications ont laissé des traces, visibles au moment des fouilles, qui se sont superposées au fil du temps sous forme de couches superposées.
Les dessins verts, bleus et bleu sombre à droite représentent les organisations internes de l'îlot à l'époque romaine (phase 7: 125-40, phase 8: 200-125, phase 9: 325-200 avant notre ère). Les dessins bruns et oranges représentent l'époque romaine (6C: 30-50, phase 6A et 6B: 40 avant - 30 après notre ère).
Evolution de l'îlot archéologique n°6 du site d'Olbia
Au fur et à mesure de leurs progressions, les fouilles ont détruit une grande partie des sols rencontrés, mais les murs des différentes périodes ont été conservés. Pour faciliter la lecture et préserver les vestiges, l'îlot a été remblayé de façon désarticulée, c'est-à-dire que les sols d'époque et de niveaux différents ont été restitués: les deux tiers nord de l'îlot marquent les niveaux du temps romain, tandis que le tiers sud a conservé son niveau plus ancien, celui d'une maison grecque du 2e siècle avant notre ère.
La maison grecque sud de l'îlot archéologique n°6 du site d'Olbia
Dans l'entrepôt romain, une fenêtre archéologique laisse toute fois apparaître deux murs parallèles plus anciens. Il s'agit d'une montée d'escaliers d'une habitation grecque, découverte sous l'entrepôt, dont le plan est évoqué sur la surface par des tracés gris. Ces vestiges appartiennent à la même période que ceux, visibles, de la maison sud.
Aquarelle de la maison grecque sud de l'îlot archéologique n°6 du site d'Olbia
Le mur en brique moderne est une reconstitution pour témoigner de l'usage de briques crues pour les élévations antiques d'Olbia.
Les surfaces recouvertes d'un gravier plus clair évoquent la présence de sols autrefois bétonnés.
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L'îlot archéologique n°6 du site d'Olbia
Déesses protectrices grecques
Conforme à la tradition grecque, Olbia complète son système défensif par une protection divine: deux sanctuaires ont été découverts adossés aux remparts. Le plus vaste d'entre eux, se dressait à l'extrémité de la voie principale est-ouest, légèrement ascendante, et devait être visible depuis l'entrée de la ville.
Les fouilles de la partie accessible, le reste se trouvant sous la route, ont révélé un péribole délimitant un espace clos, où l'on accède par un escalier et au fond duquel se trouvait peut-être un temple. Signalé par la présence de tuiles sciées en pierre calcaires de la Couronne (Côte Bleue, Martigues), cette construction était dotée d'une toiture de type corinthien.
Les objets votifs retrouvés à cet emplacement (statuettes et figurines d'argile, tablettes de malédiction en plomb) pourraient évoquer le culte d'Artémis, déesse première des Phocéens, fondateurs de Marseille et, selon l'historien antique Strabon, présente dans toutes les colonies de Marseille.
Tout l'espace est arasé et remblayé à la période romaine, pour bien marquer la coupure avec la prise de contrôle par la force des Romains, la déesse grecque des Massaliètes, aussi protectrice d'Olbia, n'ayant plus sa place dans ce territoire soumis.
Les habitants d'Olbia fréquentaient également un un troisième sanctuaire, situé hors des murs, sur la Presqu'île de Giens. Au pied d'un grand rocher-autel, ils allaient déposer des offrandes au dieu Aristée, patron des abeilles et de l'élevage, et dieu guérisseur comme son père Apollon.
Les fragments de vase, en offrande, y ont été découverts lors de fouilles, certains inscrits, révélant le nom du dieu et celui des dédicants: il s'agit plus de 200 Olbiens et quelques habitants locaux d'origine.
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Le sanctuaire d'Aphrodite du site antique d'Olbia
Le sanctuaire d'Aphrodite occupe l'emplacement d'un îlot d'habitation, édifié jusqu'au rempart contre lequel il s'appuie. Son état de conservation et les données archéologiques de sa fouille ancienne ne permettent pas de comprendre le rôle des pièces qui le composent.
En revanche, un large bloc inscrit, enterré, révèle le nom d'Aphrodite, déesse de la l'amour et protectrice des navigateurs. Sa forme fait penser à un linteau, élément d'un mur qui surplombe un passage de porte. Ainsi peut-on imaginer que la dédicace était visible dés l'entrée du sanctuaire.
À l'époque romaine, l'inscription d'Aphrodite est délacée et enterrée avec d'autres objets votifs dans un petit local muré, contre le rempart. À cette occasion, plus de 200 coupes votives ont été déposées en empilées de manière très ordonnée. Avant de fermer le sanctuaire de façon définitive, et de le remblayer pour installer les nouvelles thermes, on avait sans doute accompli un rituel de clôture de dévotion.
Encastré dans la façade de l'édifice, du côté de la ruelle de l'est, une autre inscription interpellait les fidèles. Cette fois, pas de nom propre, seulement le nom indéfini Hρως (Héros). Peut-être s'agit-il d'Héraclès, héros tellement célèbre qu'il était inutile de citer son nom? Peut-être aussi d'un héros connu des seuls habitants d'Olbia?
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Pierres taillées de l'îlot de l'habitation grecque d'Olbia
Les thermes populaires
Les thermes romains du nord sont érigées vers le début du 1er siècle avant notre ère, dans un objectif différent de ceux du bord de mer: il s'agit de répondre aux besoins d'hygiène de socialisation de population locale, d'où leurs dimensions.
L'organisation du bâtiment correspond à un modèle standardisé et largement répandu dans le monde romain: du frigidarium (salle froide) en passant par le tepidarium (salle tiède) jusqu'au caldarium (salle chaude), les baigneuses et baigneurs suivaient un parcours typique qui se terminait à la fin par un bain d'eau froide.
La chaleur dégagée par le praefurnium (foyer) se diffusait dans l'hypocauste, espace aménagé sous le sol de la salle tiède et chaude, soutenu par des pilettes en brique. Dans les murs, des conduits assuraient l'évacuation de la fumée et la circulation de la chaleur.
Avec l'apodyterium (vestiaire) et la palestre (espace des exercices sportifs), les thermes constituaient de véritables centres de bien-être liant activités physiques, hygiène, soins, détente et loisirs. Fréquentés par la population libre, ils étaient des lieux de socialisation.
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Les thermes romaines nord du site d'Olbia
Les vestiges chrétien
En 1221, l'abbaye Saint-Pierre de l'Almanarre, une dépendance de l'abbaye cistercienne Saint-Pons de Géménos, est édifiée sur les vestiges de la ville antique et à partir d'un petit prieuré du 11e siècle. Jusqu'à la fin du 14e siècle, elle accueille des moniales dont certaines sont issues de grandes familles nobles, notamment celles des vicomtes de Marseille ou des seigneurs de Fos.
Comme tout monastère, l'abbaye comprend un ensemble de constructions organisées pour la vie communautaire, des activités religieuses et le travail manuel. L'église et le cimetière ont été fouillées, contrairement au cloître et autres bâtiments conventuels situés au sud de l'église.
L'église est de style romain provençal, à l'origine à nef unique au milieu de laquelle on remarque une partie de la voûte en pierre effondrée. Celle-ci reposait sur des arcs en plein cintre qui retombaient sur des piliers de par et d'autre de la nef.
La partie située entre l'entrée et l'effondrement de la voûte a été fouillée jusqu'au niveau grec, formant une fenêtre archéologique. Dans cette zone, on rencontre un trottoir, une rue avec son caniveau et l'entrée d'une habitation grecque. Des graviers de différente couleur permettent de distinguer les vestiges des deux périodes.
Une seconde nef est construite au nord à une date indéterminée, mais qui pourrait avoir été concomitante avec l'arrivée des moniales nouvelles. Le bâtiment comporte alors six portes, repérables grâce aux seuils den pierre conservés. Les deux premières marquent les deux entrées principales aux nefs. Deux portes au nord ouvraient sur l'extérieur et, enfin, deux seuils situés au sud communiquent avec le cloître.
Le cimetière médiéval correspond à l'un des plus importants sites funéraires provençaux connus pour cette période. Plusieurs campagnes de fouilles, dont les dernières menées en 2018 et 2019, ont mis au jour 500 tombes qui ont fait l'objet d'études anthropologiques. Afin de préserver les vestiges, les sépultures ont été remblayées.
D'abord lié au prieuré du 11e siècle, le cimetière accueille les tombes des populations laïques environnantes. Elles sont fréquemment constituées d'un coffrage en pierre, recouvert de dalles aujourd'hui regroupées près du cabanon moderne. Après la fondation de l'abbaye Saint Pierre au 13e siècle, la partie située le long du chevet de l'église est réservé aux sépultures des moniales. Hormis quelques caveaux encore visibles dans cette partie haute, les sépultures de cette période sont majoritairement de simples inhumations en pleine terre. Quelques indices, comme des clous ou des épingles, témoignent de l'utilisation de cercueils en bois ou de linceuls.
Peu d'objets ont été retrouvés dans ces tombes: quelques vases en céramique, des boucles de ceinture, des bagues et une bourse monétaire. Ils sont néanmoins précieux car témoignant des aspects culturels, comme les pratiques funéraires ou des modes vestimentaires. Quant aux ossements, ils renseignent les données physiques et sociaux des défunts, tels que l'âge, le sexe ou la santé.
Par ailleurs, une petite nécropole du premier Moyen-Âge, utilisée pendant la dernière phase d'occupation de la ville romaine, a été mise en évidence sous et à proximité de la la nef nord de l'église. Deux sarcophages datant du 5e siècle et réutilisés au 10e siècle, sont encore visibles au chevet de l'église.
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Ruine de l'abbaye St. Pierre de l'Almanarre sur le site antique d'Olbia
Le bord de mer remanié
Les vestiges en bord de mer correspondent à l'extrémité sud de la ville antique d'Olbia, dont la majeure partie est située au-delà de la route de l'Almanarre, D559.
Les campagnes de fouilles menées sur cette parcelle entre 2010 et 2013 ont apporté des éléments nouveaux et importants pour la connaissance d'Olbia. Ainsi le rempart sud a pu être observé sur une longueur de plus de 50 mètres, révélant un tracé avec un décrochement adapté à la côte.
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Site archéologique d'Olbia
Afin de protéger les vestiges contre l'érosion, la zone en bord de mer a été remblayé après sa fouille. Ces bases de murs ne sont donc plus visibles maintenant.
À la fin du 1er siècle avant notre ère, le rempart sud est arasé, puis un large mur de moellons liés au mortier est construit sur la plage pour délimiter une terrasse, sur laquelle un vaste établissement thermal sur presque 1000m² est installé.
Les vestiges sous-marins du port antique d'Olbia
Ces thermes, surdimensionnés par rapport à la taille de la ville, forment le symbole du changent intervenu avec la prise de contrôle d'Olbia par l'administration romaine. Contrairement aux thermes nord, il s'agit ici de thermes thérapeutiques alimentés par l'aqueduc de la source de San-Salvadour pour accueillir des curistes fortunés externes. Cette source se trouve environ un kilomètre à l'ouest sur la côte, elle alimente aujourd'hui encore l'hôpital du même nom.
Aquarelle du quai et thermes romaines du site d'Olbia
Lorsque les Romains transforment l'urbanisme d'Olbia, ils bâtissent aussi un quai pour directement décharger les marchandises des bateaux sur des charrettes. Un ouvrage, composé de gros blocs de pierre, dont les substructures sont toujours reconnaissables malgré un apparent désordre.
Quatre rangées de pavés du chemin de roulement des charrettes, encore en place, sont parfaitement visibles et même souvent émergées. Plus au sud devait se trouver l'aire de retournement. Là, les blocs ont été disloqués par la mer malgré les dimensions impressionnantes.
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Vestiges du quai romain du site d'Olbia
Le port sert aussi à l'accueil des curistes des thermes sud d'Olbia romaine.
À l'ouest du site et tout près du de la plage se trouve une cargaison de pierres bien rangées qui n'on aucun rapport avec le site antique. Elles étaient transportées au 19e siècle dans une tartane qui s'est échouée sur ce rivage.
À vingt mètres de la côte, un quai et une épave attendent la visite des nageurs munis d'un masque et d'un tuba pour une découverte originale.
Vestiges sous-marins du port antique d'Olbia
Une partie du texte et une partie des photos rassemblés ici proviennent des panneaux sur place. Nous interprétons ces données comme étant dans le domaine public puisqu'elles sont visibles librement et il n'existe aucune interdiction de photographier sur le site. Nous tentons néanmoins de donner les vrais auteurs des graphiques ou photos quand elles nous sont connues.
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Ruines des baraques de pêcheurs de l'Almanarre
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Murs de l'îlot de l'habitation grecque d'Olbia
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La maison grecque sud de l'îlot archéologique n°6 du site d'Olbia